Oh, je sais ! A vous aussi, il vous est arrivé de rentrer
un soir, la tête pleine d’une journée de travail ou après une formation
(genre bourrage de crâne) et de n’avoir qu’une seule envie : aller vous coucher
même sans manger.
Eh bien, cela est arrivé à Dan, l’autre soir.
Il est rentré
sans me faire mon bisou (je suis content de te revoir) habituel, sans me dire « Chérie,
je suis là ! », sans me demander comment j’allais ou comment s’était
passée ma journée. Rien. Il m’a juste dit : « Fatigué ! » et,
s’est dirigé vers le salon, tel un zombi, pour s’assoir devant la télévision.
Je peux le comprendre.
La tête est pleine de paroles, de
projets, de plans et d’instructions diverses. Il faut évacuer. Il faut faire
autre chose ou dormir. Mais, c’est ce qu’il a dit ensuite qui m’a donné à
penser : « Y’a quoi à la télé, ce soir ? » C’est-à-dire qu’il
a l’esprit plein d’informations et qu’il lui en faut d’autres ; combattre
le mal par le mal, en somme !
Voyons où mène sa phrase.
1) La télé somnifère : je suis fatigué, je regarde la
télé, elle va m’aider à dormir, je me repose.
2) La télé psychologue : je suis fatigué, je regarde la
télé, je pense à autre chose, je m’évade.
3) La télé instructive : je suis fatigué, je regarde la
télé, elle m’amène la solution du problème qui me préoccupe, elle m’inspire, je
me détends.
4) La télé addiction : je suis fatigué, je regarde la
télé parce que je n’ai pas la volonté de faire autre chose, elle m’aspire.
5) etc. (Je vous laisse trouver votre télé « démons »)
Je ne veux même pas chercher quelle est la vocation de la
télévision en ce moment : un somnifère, un tue-l’ennui, une distraction,
etc. Je constate seulement que, parfois et pour certains, elle est le point
central de la pièce, le foyer, la source, le ventre maternel, la confidente.
Vous pensez que j’exagère ?
Autrefois, on se réunissait autour du feu (ce qui a donné
foyer) et on parlait les uns aux autres. De la discussion jaillissait la
lumière qui amenait les solutions à nos problèmes et on se couchait l’esprit
serein : nous n’étions pas seuls donc nous pouvions affronter les difficultés
de la vie. Quand nous étions petits, nous allions vers la maman pour l’affection,
vers le papa pour la protection.
Mais, maintenant, vers qui allons-nous ? Vers la
télévision. Et, la télévision, elle nous apporte quoi, des solutions ? Non.
De l’affection ? Sûrement pas. La protection ? Encore moins.
Tiens, il me vient une idée. A la place de la cheminée, là
où étaient les flammes fascinantes du feu qui nous réchauffait, qui nous
réunissait, qui nous éclairait, nous allons mettre la télévision-insert. Elle
nous réchauffera, nous éclairera, nous réunira.
Alors, j’exagère ?
Oui, quand même un peu. Ce soir-là, j’étais fâchée ; il
ne m’a pas fait mon bisou. Mais, il va me le payer.
En attendant, allez lire les blogs de mes amis : Avidoxe, SelonCarmen, ÉcrirePastel et VittorioDenim. Bonne lecture.